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La trafic des hommes

Le ministre italien de l'Intérieur Marco Minniti a proposé jeudi à la Libye un pacte contre les trafiquants d'êtres humains lors d'une visite à Tripoli, au cours de laquelle il a rencontré les maires des villes concernées par ce fléau dans le sud du pays. "Nous ferons un pacte pour libérer nos terres des trafiquants", a déclaré le responsable italien aux treize maires du sud libyen. Pour M. Minniti, la lutte contre les trafiquants doit se faire en deux temps: la sécurité pour endiguer les trafics et le développement socio-économique et la création d'emploi. "Nous avons le devoir moral de supprimer ce trafic qui a produit des morts (...) et une pression extraordinaire et inacceptable pour mon pays", a indiqué le ministre. Fayez al-Sarraj, chef du gouvernement d'union nationale (GNA), a de son côté assuré à M. Minniti que "la Libye fera son possible (...) pour soulager la pression sur les côtes italiennes", selon un tweet de l'ambassade d'Italie à Tripoli. C'est le deuxième déplacement que M. Minniti effectue à Tripoli. Il s'y était rendu à la mi-mai pour remettre aux gardes-côtes libyens quatre vedettes réparées en Italie, dans le cadre de la coopération entre les deux pays dans la lutte contre l'immigration clandestine en Méditerranée. La Libye peine à contrôler sa frontière du sud avec le Soudan, le Tchad et le Niger. Ce sont donc les villes du sud libyen qui sont devenues, malgré elles, les premières étapes des périples des clandestins jusqu'en Europe. La situation a empiré après la chute du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011, les passeurs profitant du chaos qui règne en Libye pour envoyer chaque année des dizaines de milliers de migrants à destination de l'Italie, située à 300 kilomètres des côtes libyennes. Rome, qui doit gérer cet exode massif de migrants, a dénoncé mercredi lors d'un sommet tripartite à Trieste (nord-est de l'Italie) le manque d'entraide européenne, en dépit des déclarations de solidarité de Paris et Berlin. Depuis plusieurs semaines, l'Italie exhorte ses partenaires européens à apporter une "contribution concrète" pour endiguer les départs mais surtout à ouvrir leurs ports aux bateaux chargés de migrants, ce qu'ils refusent toujours de faire.

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