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Les nouvelles règles du chômage

Ce sera sans doute l'un de ses derniers gestes comme ministre du Travail. Ce jeudi 4 mai, Myriam El Khomri paraphera la nouvelle convention d'assurance chômage. "C'est confirmé, signature jeudi", a annoncé l'entourage de la ministre, attestant au passage une information du Figaro. Cette signature, nécessaire, était attendue d'un jour à l'autre, en raison du calendrier électoral. Les partenaires sociaux voulaient surtout que les choses avancent avant le 7 mai et l'arrivée du nouveau chef de l'Etat. Les propositions d'Emmanuel Macron, notamment, inquiètent beaucoup les partenaires sociaux. Le candidat d'En marche souhaite modifier profondément la logique de l'assurance-chômage en la transformant en un droit universel, ouvert à tous y compris aux indépendants et aux démissionnaires. En contrepartie, les "devoirs" des chômeurs seraient plus encadrés. La nouvelle convention est la transcription de l'accord conclu le 28 mars entre le patronat et les syndicats, à l'exception de la CGT. Ils s'étaient mis d'accord après un long processus de négociation. Cette convention modifie, pour trois ans, plusieurs paramètres de l'assurance chômage, comme le niveau de cotisations patronales, les conditions d'affiliation au régime, la formule de calcul des allocations et les règles d'indemnisation des seniors. Si la hausse des cotisations patronales (+0,05 point) doit entrer en vigueur le 1er octobre prochain, les autres mesures prendront effet le 1er novembre. Des changements qui ne sont pas au goût de tous. Quatre associations de chômeurs doivent remettre à Myriam El Khomri une pétition dénonçant cet accord qui vise "les femmes, les seniors et les précaires". Elles estiment qu'il ne faut pas agréer le texte. L'entourage de la ministre a indiqué que les organisations "seront reçues" par son cabinet "si elles se présentent au ministère". Le texte prévoit des économies conséquentes. En rythme de croisière (à partir de 2022), la convention est censé réduire le déficit du régime de près de 900 millions d'euros par an, selon un chiffrage de l'Unédic. Fin 2016, l'assurance chômage affichait une dette de 30 milliards d'euros et l'Unédic prévoyait, avant la signature de la nouvelle convention, des déficits de 3,6 milliards en 2017 et de 3,9 milliards en 2018. Si sa fonction assurantielle est globalement à l'équilibre - les cotisations collectées couvrent les allocations versées -, le régime est en déficit notamment en raison du financement de l'opérateur public Pôle emploi, dont elle assure les deux tiers (plus de 3 milliards d'euros par an), et de l'indemnisation des travailleurs transfrontaliers, qui engendre un déficit d'environ 600 millions d'euros.

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